Parfums DiVins

PONCIRUS – POMME DE CIRE

20 septembre 2020
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Élancé dans son coin de haute protection environnementale

    Je prononce PON-CI-RUS et j’entends comment la rondeur dorée de ce nom commence à se rouler sous ma langue. «Pomme de cire »- son surnom-  tous les parfums s’installent au nez tout d’abord et prennent place au palais par la suite…

    Et me voilà ici- dans un coin plus spécial du Jardin public de Bordeaux, sous un arbuste « extraterrestre » ou bien- sous un arbuste-immigré asiatique- qui s’est très bien adapté au terroir local.

    Le poncirus- le citronnier originaire de Corée et du Nord de la Chine. « Étranger » pas uniquement par ses origines, mais surtout par son apparence : laissé dans son développement naturel (ici il n’est pas taillé), on le voit déjà prendre de la hauteur, mais aussi étendre ses branches aux épines spectaculairement longues et acérées, dans l’espace. Élégant par sa posture, néanmoins menaçant, il se trouve ‘isolé’ dans cet endroit- « le coin de haute protection naturelle environnementale », comme j’aime bien le nommer 😊

Les fruits- très similaires à ceux du juzu japonais

    J’observe chaque partie de son être et je me rends à nouveau compte à quel point la Nature est vraiment le Créateur des créateurs : ses branches colorées d’un vert anglais sont des vrais traits calligraphiques croisés dans une certitude absolue et défensive ! Et elle est telle justement car il existe un espacement entre les mouvements et par lequel, croyez-moi !,  les seules qui puissent y pénétrer sont nos illusions, le vent et les gouttes de pluie !  Et même une seule petite main n’accéderait à son « intérieur » ….!

En vert.

    Cet espace est tout d’abord réservé à une floraison délicate et surprenante : au printemps, des petites bulles blanches cotonnées décorent seules l’ossature rigide. Elles s’ouvrent doucement avec l’apparition des premières feuilles vert sinople, joliment arrondies dans la partie haute et voici- une deuxième touche d’adoucissement apportée. Finalement : la rondeur prend de l’ampleur avec la formation des fruits : très similaires par leur forme à ceux du yuzu japonais, ils s’en distinguent par la texture de l’écorce- un velours couvre le corps, le zeste étant pourvue de minuscules canaux d’huiles essentielles- si typiques pour le monde ‘agrumes’.

Floraison: il neige- bulles de cotons

Floraison: il neige au printemps

    C’est depuis le début du mois de septembre que mes yeux explorent la transformation de ces « balles de tennis » : jaune de cobalt, puis jaune impérial artistiquement touchées par un jaune moutarde, pour arriver enfin au jaune or- la quintessence, le cœur d’automne, une de ses couleurs de prédilection.

Avec une touche de jaune moutarde

Jeu de planètes

    Comme tous les ans, au début du mois d’octobre, le citronnier enlèvera son plumage- les feuilles tomberont et les seuls que l’on verra sur son squelette austère seront ces mini « gâteaux naturels » mûres et veloutés.

    L’automne est la période de la maturité, de la récolte, de la patience…

Je mets un masque de patience et les matins, comme les soirs, debout sous l’arbuste, j’attends qu’une de ces planètes chaudes tombe. Elles appartiennent à la Galaxie Voie parfumée- là, où la lumière les rend désireuses pour d’oïl et encore inconnues au palais : très beaux comme fruits mais amères en bouche, la seule solution est de les transformer en confiture ou en vin ! Comme faisaient les Chinois à l’époque- un vin épicé, profondément aromatique et velouté… 

PONT – SIRIUS

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Dans sa défense

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